Le diagnostic capillaire : comprendre le comportement de la fibre avant de choisir un soin

Il suffit parfois de quelques secondes pour constater qu’un cheveu manque de brillance, paraît sec ou devient difficile à coiffer.

En revanche, comprendre pourquoi il se comporte ainsi demande une tout autre approche.

Un véritable diagnostic capillaire ne consiste pas à poser une étiquette sur un symptôme. Il cherche à comprendre l’histoire de la fibre, son comportement, ses réactions et les besoins réels de la personne qui la porte.

C’est cette manière d’observer, de toucher, d’écouter et d’anticiper qui constitue le premier pilier de La Méthode Aurélien Magnano.

Ce que plus de trente ans derrière le fauteuil m’ont appris

Pendant longtemps, je pensais que les meilleurs résultats venaient avant tout des meilleurs produits.

Avec les années, j’ai compris que le véritable savoir-faire commençait bien avant l’ouverture du premier flacon.

Depuis mes débuts dans la coiffure en 1993, puis l’ouverture de mon salon en 1999, j’ai rencontré des femmes et des hommes persuadés de connaître parfaitement leurs cheveux.

Beaucoup me disaient :

« J’ai les cheveux secs. »

D’autres étaient convaincus d’avoir les cheveux abîmés, ternes, cassants ou impossibles à discipliner.

Très souvent, leur constat était sincère, mais incomplet.

Deux chevelures peuvent présenter un aspect très proche et pourtant nécessiter deux réponses totalement différentes. À l’inverse, des cheveux qui semblent différents peuvent parfois être affectés par une problématique comparable.

C’est cette réalité qui a progressivement transformé ma manière de travailler.

Aujourd’hui, avant de réfléchir à une coloration, à un protocole de soin ou à un produit professionnel, je cherche d’abord à comprendre le comportement du cheveu.

Car un soin n’est jamais une réponse universelle. Il est toujours la conséquence d’un diagnostic.

Pourquoi un diagnostic capillaire est-il indispensable ?

Lorsque l’on parle de diagnostic capillaire, beaucoup imaginent une simple observation visuelle.

En réalité, regarder un cheveu n’est que le point de départ.

Le rôle du professionnel est de réunir plusieurs informations qui, prises séparément, ne racontent qu’une partie de l’histoire.

Il observe naturellement l’aspect général de la chevelure, mais il s’intéresse également à :

  • la texture de la fibre ;
  • son élasticité ;
  • sa porosité ;
  • son niveau de sensibilité ;
  • la qualité du cuir chevelu ;
  • l’historique des techniques réalisées ;
  • les habitudes quotidiennes de lavage, de séchage et de coiffage ;
  • les attentes et les objectifs de la personne.

Ce n’est qu’en croisant l’ensemble de ces informations qu’il devient possible de proposer une solution cohérente.

À l’inverse, choisir un soin uniquement parce que les cheveux semblent secs, ternes ou difficiles à coiffer revient souvent à traiter un symptôme sans comprendre son origine.

Observer un cheveu ne suffit pas

L’apparence d’une chevelure fournit des indices, mais elle ne donne pas toujours la cause réelle de ce que l’on observe.

Un cheveu rêche peut manquer de nutrition, présenter une porosité élevée ou avoir été sensibilisé par des techniques successives. Un cheveu terne peut être encombré de résidus, réfléchir difficilement la lumière ou manquer de régularité à la surface. Une fibre qui gonfle avec l’humidité ne réclame pas nécessairement le même soin qu’un cheveu simplement sec.

Le symptôme visible constitue donc le début du raisonnement, jamais sa conclusion.

Le diagnostic professionnel cherche à distinguer ce que l’on voit de ce que le cheveu révèle réellement lorsqu’on l’observe, qu’on le touche et que l’on interroge son histoire.

La lecture du diagnostic selon La Méthode Aurélien Magnano

Ma manière de construire un diagnostic suit une progression précise.

  1. Ce que je vois
    L’aspect général, la brillance, le volume, les frisottis, les pointes, la casse visible et la répartition des zones sensibilisées.
  2. Ce que je touche
    La souplesse, la rugosité, la résistance, l’épaisseur perçue et la régularité de la fibre.
  3. Ce que le cheveu me raconte
    Son historique de coloration, de décoloration, de chaleur, de lissage, d’entretien et d’exposition aux agressions extérieures.
  4. Ce que j’anticipe
    La manière dont il risque de réagir à l’eau, à l’humidité, à une technique, à un geste ou à un nouveau protocole.
  5. La technologie adaptée
    Le choix de la réponse technique ou cosmétique la plus cohérente avec l’état réel de la fibre.
  6. Le protocole
    L’ordre des gestes, les dosages, les temps de pose et les précautions nécessaires.
  7. Le produit
    Le produit vient en dernier, comme la conséquence logique de tout le raisonnement précédent.

Le produit n’est jamais le point de départ

Cette approche repose sur une conviction simple : le produit n’est jamais le point de départ.

Le protocole ne devrait pas l’être davantage. La technologie n’intervient qu’après avoir compris ce que la fibre peut supporter, ce dont elle a réellement besoin et la manière dont elle risque de réagir.

Le raisonnement suit une progression cohérente :

  1. Le diagnostic
  2. La compréhension de la fibre
  3. Le geste juste
  4. La solution pertinente
  5. L’accompagnement dans le temps

Ces cinq piliers ne fonctionnent pas indépendamment les uns des autres. Le diagnostic donne du sens à la compréhension, la compréhension guide le geste, le geste permet d’appliquer la bonne solution et l’accompagnement aide à préserver le résultat dans le temps.

Sans diagnostic, les autres piliers perdent une grande partie de leur pertinence.

Ce que le toucher révèle réellement

Observer une chevelure permet d'obtenir de nombreuses informations, mais certaines ne peuvent être découvertes qu'au contact de la fibre.

Le toucher constitue l'un des outils les plus précieux du diagnostic capillaire. En quelques secondes, il apporte des indications qu'une simple photographie ou un questionnaire ne pourront jamais révéler avec la même précision.

Lorsque je prends une mèche entre mes doigts, je ne cherche pas seulement à savoir si elle est douce ou rêche. J'essaie de comprendre comment cette fibre réagit, comment elle se comporte et ce qu'elle raconte de son histoire.

Un cheveu peut paraître brillant tout en étant fragilisé. À l'inverse, une chevelure visuellement terne peut conserver une excellente résistance. Le toucher permet justement d'aller au-delà des apparences.

Une lecture progressive de la fibre

Le toucher ne repose pas sur une sensation unique. Il s'agit d'une succession de petites observations qui, mises bout à bout, construisent progressivement le diagnostic.

Au fil de cette lecture, plusieurs questions se posent naturellement :

  • La fibre est-elle souple ou rigide ?
  • La surface est-elle régulière ou rugueuse ?
  • Le cheveu paraît-il dense ou au contraire affiné ?
  • Présente-t-il des zones plus sensibilisées que d'autres ?
  • La texture est-elle homogène des racines jusqu'aux pointes ?
  • Le toucher confirme-t-il ce que l'œil avait laissé supposer ?

Aucune de ces informations, prise isolément, ne suffit à établir un diagnostic. C'est leur cohérence qui permet progressivement de comprendre l'état réel de la fibre.

Quand le toucher contredit ce que l'on voit

C'est une situation très fréquente au salon.

Certaines clientes pensent avoir les cheveux très secs parce qu'ils accrochent sous les doigts. Pourtant, la fibre est parfois simplement chargée de dépôts ou déséquilibrée par une routine inadaptée.

À l'inverse, des cheveux très brillants peuvent cacher une fibre sensibilisée par des colorations répétées, des appareils chauffants ou des décolorations anciennes.

Le diagnostic consiste justement à dépasser cette première impression pour comprendre ce qui explique réellement le comportement du cheveu.

Le toucher ne remplace pas le dialogue

Le diagnostic ne repose jamais uniquement sur les mains du professionnel.

Pendant que j'observe et que je touche la fibre, je questionne également la personne sur ses habitudes, son historique technique, ses attentes et les difficultés qu'elle rencontre au quotidien.

Ces échanges donnent du sens aux sensations observées et permettent d'éviter des conclusions trop rapides.

Le toucher devient alors un langage. Il confirme certaines hypothèses, en écarte d'autres et oriente progressivement vers la solution la plus adaptée.

La porosité : comprendre le comportement du cheveu face à l'eau

Le mot porosité est aujourd'hui largement utilisé dans le monde de la coiffure. Pourtant, il est souvent réduit à une définition incomplète, comme la capacité du cheveu à absorber des soins.

En réalité, la porosité décrit avant tout la manière dont la fibre capillaire interagit avec l'eau.

Chaque jour, les cheveux sont en contact avec l'humidité de l'air, l'eau du lavage, la pluie, la transpiration ou encore la chaleur du séchage. Selon leur état, ils ne réagissent pas tous de la même façon.

C'est précisément cette réaction qui intéresse le professionnel, car elle permet d'anticiper le comportement futur de la fibre bien avant de choisir un soin ou une technique.

Pourquoi l'eau est-elle un excellent révélateur ?

L'eau met rapidement en évidence les caractéristiques de la fibre.

Une fibre peu poreuse laisse difficilement pénétrer l'humidité. À l'inverse, une fibre devenue très poreuse absorbe rapidement l'eau, mais la restitue tout aussi facilement.

Ces différences influencent directement la manière dont les cheveux réagissent :

  • au lavage ;
  • au séchage ;
  • à l'humidité ;
  • aux appareils chauffants ;
  • aux colorations ;
  • aux soins professionnels ;
  • à l'entretien quotidien.

Comprendre cette relation avec l'eau permet donc d'expliquer de nombreux comportements que l'on attribue parfois, à tort, uniquement aux produits utilisés.

Pourquoi deux cheveux réagissent-ils différemment ?

Deux personnes peuvent utiliser exactement le même shampoing, le même masque et la même routine, tout en obtenant des résultats très différents.

La raison est simple : leurs cheveux ne présentent pas le même comportement face à l'eau.

L'une conservera une fibre souple et disciplinée, tandis que l'autre verra apparaître des frisottis, une perte de brillance ou une sensation de sécheresse quelques heures après le coiffage.

Ce n'est donc pas toujours le produit qui fait la différence. C'est la manière dont la fibre réagit.

La porosité évolue tout au long de la vie du cheveu

Contrairement à une idée reçue, la porosité n'est pas une caractéristique figée.

Elle évolue avec le temps, sous l'effet des colorations, des décolorations, des appareils chauffants, des UV, du chlore, de l'eau de mer, des frottements répétés ou tout simplement du vieillissement naturel de la fibre.

Deux longueurs appartenant à une même personne peuvent ainsi présenter des niveaux de porosité très différents.

Le professionnel ne cherche donc pas à attribuer une simple catégorie à la chevelure. Il cherche à comprendre comment chaque zone va réagir afin d'adapter son protocole.

Pourquoi la porosité ne suffit pas à elle seule

La porosité constitue un indicateur essentiel, mais elle ne peut jamais être interprétée isolément.

Elle doit être confrontée à d'autres éléments du diagnostic :

  • l'élasticité ;
  • la résistance de la fibre ;
  • la qualité du cuir chevelu ;
  • l'historique technique ;
  • les habitudes de coiffage ;
  • les attentes de la cliente.

C'est l'ensemble de ces informations qui permet de construire un diagnostic fiable et de choisir la réponse la plus pertinente.

Pourquoi l'élasticité est l'un des meilleurs indicateurs de la santé de la fibre

Parmi les nombreux éléments observés lors d'un diagnostic capillaire, l'élasticité occupe une place essentielle. Elle permet d'évaluer la capacité de la fibre à se déformer sous une légère tension avant de retrouver naturellement sa forme initiale.

Un cheveu en bonne santé possède généralement une certaine souplesse. Il accompagne le mouvement sans casser immédiatement. À l'inverse, une fibre fragilisée peut devenir rigide, cassante ou perdre une partie de sa capacité à résister aux contraintes quotidiennes.

Cette information est précieuse, car elle influence directement le choix des techniques, des protocoles et des soins qui pourront être envisagés en toute sécurité.

Ce que révèle un test d'élasticité

Le test d'élasticité ne consiste pas à tirer fortement sur un cheveu. Réalisé avec délicatesse par un professionnel, il permet simplement d'observer la manière dont la fibre réagit à une légère mise en tension.

Selon sa réaction, plusieurs enseignements peuvent être tirés :

  • une fibre souple retrouve facilement sa forme initiale ;
  • une fibre très rigide peut traduire une perte de souplesse ;
  • une fibre qui casse rapidement révèle souvent une fragilité importante ;
  • une réaction inhabituelle invite à approfondir le diagnostic plutôt qu'à tirer une conclusion hâtive.

L'objectif n'est jamais de « classer » le cheveu, mais de comprendre son niveau de résistance afin d'anticiper sa réaction aux futures contraintes.

Porosité et élasticité : deux informations complémentaires

Ces deux notions sont souvent confondues alors qu'elles répondent à des questions différentes.

La porosité permet de comprendre la manière dont la fibre interagit avec l'eau et l'humidité.

L'élasticité permet d'évaluer sa capacité à supporter les contraintes sans se détériorer.

Une même chevelure peut présenter une porosité élevée tout en conservant une élasticité satisfaisante. À l'inverse, un cheveu peu poreux peut malgré tout avoir perdu une partie de sa résistance à la suite d'agressions répétées.

C'est précisément pour cette raison qu'un diagnostic professionnel ne peut jamais se limiter à un seul indicateur.

Pourquoi cette information change le choix des techniques

Avant une coloration, une décoloration, un éclaircissement ou certains services techniques, connaître le niveau d'élasticité de la fibre permet d'adapter les gestes et les protocoles.

Une fibre déjà fragilisée ne réagira pas de la même manière qu'un cheveu en pleine santé. Le professionnel peut alors ajuster son intervention, modifier certaines étapes ou recommander de renforcer d'abord la fibre avant d'envisager une transformation plus importante.

Cette capacité à anticiper les réactions futures constitue l'un des objectifs majeurs du diagnostic capillaire.

Comprendre avant d'agir

Dans mon métier, l'élasticité est rarement observée seule. Je la confronte toujours à l'ensemble des informations recueillies pendant le diagnostic : la porosité, le toucher, l'historique technique, l'état du cuir chevelu, les habitudes de coiffage et les attentes de la cliente.

C'est la cohérence entre tous ces éléments qui permet de construire une recommandation réellement personnalisée.

Les éléments essentiels d’un diagnostic capillaire professionnel

Un diagnostic fiable ne repose jamais sur un seul test. Il se construit en croisant plusieurs observations qui permettent de comprendre à la fois l’état actuel de la chevelure, son histoire et son comportement probable.

Ce que j’analyse Ce que cela m’apprend
L’observation visuelle L’aspect général de la chevelure, sa brillance, son volume, la présence de frisottis, de casse ou de zones plus sensibilisées.
Le toucher La souplesse, la rugosité, la régularité, la densité perçue et les différences entre les racines, les longueurs et les pointes.
La porosité La manière dont la fibre réagit à l’eau et à l’humidité, ainsi que son comportement probable face aux soins et aux techniques.
L’élasticité La capacité du cheveu à supporter une contrainte, à se déformer légèrement et à retrouver sa forme sans casser.
Le cuir chevelu L’environnement dans lequel le cheveu se développe, son niveau de confort et les éventuels déséquilibres à prendre en compte.
L’historique technique Les contraintes déjà subies par la fibre : colorations, décolorations, lissages, chaleur et superposition des techniques.
Les habitudes quotidiennes Les gestes qui entretiennent, protègent ou fragilisent progressivement les cheveux au lavage, au séchage et au coiffage.
Les objectifs de la personne Le résultat réellement recherché : davantage de brillance, de discipline, de volume, de légèreté, de résistance ou de facilité de coiffage.

Le cuir chevelu : souvent oublié, toujours essentiel

Lorsqu'une personne consulte pour des cheveux secs, ternes, cassants ou difficiles à coiffer, son regard se porte naturellement sur les longueurs. Pourtant, un diagnostic capillaire complet ne peut ignorer le cuir chevelu.

Le cuir chevelu constitue le milieu dans lequel le cheveu se développe. Son état influence le confort quotidien, la qualité de la repousse et l'équilibre général de la chevelure. Il ne faut cependant pas lui attribuer systématiquement tous les problèmes observés sur les longueurs.

L'objectif du diagnostic est justement de distinguer ce qui relève de la fibre capillaire de ce qui concerne le cuir chevelu, afin d'éviter des conclusions simplistes et des soins inadaptés.

Observer sans tirer de conclusions hâtives

Le diagnostic commence par une observation attentive du cuir chevelu. Certains signes peuvent attirer l'attention :

  • une sensation d'inconfort ou de tiraillement ;
  • un excès ou un manque apparent de sébum ;
  • des rougeurs visibles ;
  • des squames ou des pellicules ;
  • une sensibilité inhabituelle ;
  • des zones localement plus réactives.

Ces observations ne constituent jamais un diagnostic médical. Elles permettent simplement d'orienter le professionnel dans sa réflexion et, lorsque cela est nécessaire, d'inviter la personne à consulter un professionnel de santé.

Le cuir chevelu et la fibre racontent parfois deux histoires différentes

Il n'est pas rare de rencontrer une personne présentant un cuir chevelu équilibré mais des longueurs très sensibilisées par des colorations successives ou des appareils chauffants.

À l'inverse, certaines chevelures paraissent en bonne santé alors que le cuir chevelu révèle un déséquilibre pouvant influencer le confort quotidien ou les habitudes d'entretien.

Ces situations rappellent qu'un diagnostic capillaire ne peut jamais se limiter à une seule observation.

Comprendre les habitudes avant de recommander une routine

Le cuir chevelu est également influencé par le mode de vie et les habitudes de chacun.

La fréquence des shampoings, les produits utilisés, le séchage, l'exposition au soleil, la transpiration, le port fréquent de couvre-chefs ou encore certains changements hormonaux peuvent modifier son équilibre.

Ces informations prennent tout leur sens lorsqu'elles sont confrontées aux autres éléments du diagnostic : la porosité, l'élasticité, l'historique technique et les objectifs recherchés.

Un diagnostic global avant toute recommandation

Dans La Méthode Aurélien Magnano, le cuir chevelu n'est jamais étudié isolément.

Il fait partie d'un ensemble d'observations qui permettent de comprendre la personne dans sa globalité et de construire une réponse cohérente.

L'objectif n'est pas de multiplier les produits, mais de choisir ceux qui correspondent réellement aux besoins identifiés lors du diagnostic.

L'historique technique raconte l'histoire du cheveu

Aucun cheveu n'arrive sur le fauteuil avec une page blanche.

Chaque fibre possède une histoire. Une histoire parfois longue de plusieurs années, écrite au fil des colorations, des décolorations, des lissages, des brushings répétés, des vacances au soleil, des baignades en mer, du chlore, des appareils chauffants et des habitudes du quotidien.

Toutes ces expériences laissent une empreinte. Certaines sont presque invisibles, d'autres modifient profondément le comportement du cheveu.

C'est pourquoi deux personnes présentant aujourd'hui une chevelure d'apparence très similaire peuvent réagir de façon totalement différente face à une coloration, un soin ou un simple changement de routine.

Le professionnel ne travaille donc jamais uniquement avec ce qu'il voit. Il travaille également avec ce que le cheveu a vécu.

Le cheveu garde la mémoire des techniques qu'il a subies

Contrairement à la peau, le cheveu ne se régénère pas.

Une fois qu'une longueur a été colorée, décolorée, lissée ou fortement chauffée, cette intervention fait désormais partie de son histoire jusqu'à ce que cette partie du cheveu soit coupée.

Même lorsqu'une coloration semble avoir disparu ou qu'une décoloration est devenue ancienne, la fibre conserve souvent des modifications invisibles qui influencent encore son comportement.

Cette mémoire explique pourquoi certaines longueurs absorbent différemment les pigments, réagissent plus rapidement aux produits ou deviennent plus sensibles à l'humidité et aux agressions extérieures.

Comprendre le passé pour anticiper l'avenir

Lors d'un diagnostic, je ne cherche pas seulement à savoir ce qui a été fait.

Je cherche à comprendre dans quel ordre les techniques ont été réalisées, à quelle fréquence, avec quels résultats et comment les cheveux ont évolué depuis.

Une succession de colorations, un ancien lissage, plusieurs décolorations espacées ou un usage quotidien d'appareils chauffants ne produisent pas les mêmes conséquences sur la fibre.

C'est cette chronologie qui permet d'anticiper la manière dont le cheveu réagira demain.

Pourquoi cette mémoire change complètement le diagnostic

Deux clientes peuvent toutes les deux dire :

« Mes cheveux sont secs. »

Pourtant, leurs cheveux peuvent raconter deux histoires totalement différentes.

Chez l'une, la sécheresse sera principalement liée à une fibre naturellement pauvre en lipides.

Chez l'autre, elle sera la conséquence de plusieurs années de techniques successives qui auront progressivement modifié la structure du cheveu.

Le symptôme paraît identique.

L'origine ne l'est pas.

Et lorsqu'une cause est différente, la réponse professionnelle doit elle aussi être différente.

Le diagnostic consiste à relier toutes les pièces du puzzle

Observer la fibre, la toucher, comprendre sa porosité, évaluer son élasticité, examiner le cuir chevelu et retracer son historique ne sont pas des étapes indépendantes.

Elles constituent les différentes pièces d'un même puzzle.

C'est leur mise en relation qui permet de comprendre le comportement réel du cheveu et de construire une réponse cohérente, durable et personnalisée.

Pourquoi les mêmes produits ne donnent-ils pas les mêmes résultats ?

C'est probablement la question que l'on me pose le plus souvent au salon.

Deux personnes utilisent exactement le même shampooing, le même masque ou le même sérum. Pourtant, quelques semaines plus tard, l'une est pleinement satisfaite tandis que l'autre affirme que le produit « ne fonctionne pas ».

La réalité est que le produit n'est presque jamais responsable à lui seul.

Chaque cheveu possède sa propre histoire. Son niveau de porosité, son élasticité, son état de surface, les techniques qu'il a subies, l'environnement dans lequel il évolue et les habitudes de la personne influencent sa manière de réagir.

Un produit n'agit jamais sur un cheveu vierge. Il interagit avec une fibre qui possède déjà ses qualités, ses fragilités, son passé et son propre fonctionnement.

C'est précisément pour cette raison qu'un diagnostic capillaire est indispensable : il permet de comprendre cette interaction avant de choisir une solution.

 

Le diagnostic, premier pilier de La Méthode Aurélien Magnano

Au fil de mes années d'expérience, une conviction s'est progressivement imposée comme une évidence : aucune recommandation sérieuse ne peut être faite sans avoir compris le fonctionnement du cheveu.

Cette réflexion est devenue le fondement de La Méthode Aurélien Magnano.

Le diagnostic n'est pas une simple étape réalisée avant une prestation.

Il constitue le point de départ de toute la démarche.

Il permet de comprendre avant d'agir, d'anticiper avant de corriger et de choisir avec précision plutôt que par habitude.

Autour de ce premier pilier viennent ensuite s'articuler les autres dimensions de la méthode :

  • comprendre le comportement réel de la fibre ;
  • choisir les technologies les plus adaptées ;
  • adapter les gestes professionnels ;
  • accompagner durablement le cheveu dans le temps.

Cette approche dépasse largement le simple choix d'un shampooing ou d'un masque. Elle cherche avant tout à construire une réponse cohérente, personnalisée et durable.

 

En résumé

Un diagnostic capillaire ne consiste pas à constater qu'un cheveu est sec, abîmé, coloré ou terne.

Il consiste à comprendre pourquoi il est devenu ainsi, comment il va réagir et quelles seront les meilleures décisions pour préserver ou améliorer durablement sa qualité.

C'est cette différence entre observer un symptôme et comprendre un comportement qui constitue, selon moi, la véritable expertise du coiffeur.

Pour aller plus loin

Le diagnostic est la porte d'entrée de La Méthode Aurélien Magnano, mais il ne représente que le premier de ses piliers.

Dans les pages suivantes, je vous explique comment la fibre capillaire fonctionne réellement, pourquoi elle ne réagit jamais exactement de la même manière d'une personne à l'autre et comment les technologies modernes permettent aujourd'hui d'apporter des réponses toujours plus précises.

Parce qu'avant de vouloir transformer un cheveu, il faut d'abord apprendre à le comprendre.

Questions fréquentes sur le diagnostic capillaire

Qu'est-ce qu'un diagnostic capillaire ?

Le diagnostic capillaire consiste à analyser la fibre, le cuir chevelu, les habitudes et l'historique technique afin de comprendre le comportement réel des cheveux avant de choisir un soin ou une technique.

Pourquoi un diagnostic est-il important ?

Parce que deux personnes ayant des cheveux visuellement similaires peuvent avoir des besoins totalement différents.

Peut-on réaliser un diagnostic capillaire en ligne ?

Un questionnaire peut donner une première orientation, mais il ne remplace jamais l'observation, le toucher et l'expérience d'un professionnel.

Quelle est la différence entre porosité et élasticité ?

La porosité décrit les échanges avec l'eau tandis que l'élasticité mesure la capacité du cheveu à supporter une contrainte sans casser.

Le cuir chevelu est-il analysé ?

Oui. Il fait partie intégrante du diagnostic puisqu'il influence directement la qualité des cheveux.

Pourquoi connaître l'historique technique ?

Parce qu'une coloration, une décoloration ou un lissage peuvent modifier durablement le comportement de la fibre.

À quelle fréquence refaire un diagnostic ?

À chaque changement important : nouvelle routine, technique, coloration, évolution de l'état des cheveux ou des saisons.

Le diagnostic permet-il de choisir les bons produits ?

Oui. Il permet surtout de comprendre pourquoi un produit sera adapté à une personne et pas forcément à une autre.

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